Trois prévenus, tous domiciliés à Mulhouse, étaient jugés hier en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Mulhouse pour des délits routiers.
Le premier, âgé de 32 ans, quatorze condamnations au casier, a été arrêté par la police municipale dimanche vers 15 h, alors qu’il se garait rue de Galfingue à Mulhouse. On lui reprochait une
conduite sans permis en récidive. Avec un copain, il transportait des affaires de quelqu’un qui déménageait, depuis la rue des Fabriques.
« Les policiers mentent, ils ne m’ont pas vu rouler », jure le prévenu en racontant qu’il était bien assis derrière le volant, rue des Fabriques, mais que c’était pour mettre un CD et
que le moteur ne tournait pas.
« Ce que disent les policiers est d’une limpidité extraordinaire. Ils écrivent qu’ils vous ont vu circuler au volant, qu’ils vous ont reconnu alors que vous conduisiez, qu’ils vous ont suivi
et interpellé quand vous vous êtes arrêté… », rétorque Fernand Kato, le président du tribunal.
« J’ai demandé à être confronté au copain qui était avec moi… », fait le prévenu.
« Mais ce copain a confirmé qu’il ne conduisait pas et il n’avait aucun intérêt à dire qu’il n’était pas au volant. Le prévenu nie l’évidence », constate Mathilde Pimmel pour le
ministère public en requérant quatre mois de prison ferme avec mandat de dépôt. « C’est quand même lourd pour quelqu’un qui a voulu rendre service. Le mettre en prison serait aussi
sanctionner sa femme et leurs enfants », plaide pour la défense M e Kamélia El Ghaoui.
Jugement : quatre mois ferme, sans mandat de dépôt, et aménageables.
Catalogue de mauvaises raisons
Le deuxième prévenu est un homme de 56 ans, ancien directeur de magasin « remplacé par un plus jeune ». La police municipale l’a interpellé samedi vers 18 h 20 alors qu’il zigzaguait
avec sa voiture, avenue de Colmar à Mulhouse. Il présentait une alcoolémie de 2,02 g par litre de sang et son permis était annulé. « Je ne roule pas tous les jours. J’ai fait des cures,
j’ai rechuté avec la perte de mon boulot et le demande de divorce de ma femme. J’avais bu des whiskies… », explique-t-il. « Pour les deux délits, vous êtes en récidive de récidive
», constate le président Kato. « Je m’engage devant tout le monde ici à régler mon problème d’alcool. J’y suis arrivé depuis un an avec la cigarette… », promet l’homme.
« Il est aussi convoqué le 29 juin pour conduite en état alcoolique. Il nous a mis devant un mur. À nous de prendre nos responsabilités », fait la substitute Mathilde Pimmel, avant de
réclamer quatre mois de prison avec un sursis mise à l’épreuve obligeant à des soins, et deux mois ferme aménageables.
« Des réquisitions sévères. Sa dernière condamnation date de 2006. Il y a des circonstances qui expliquent l’échec de ses tentatives. Ce n’est pas en tapant sur la tête d’un malade qu’on
l’aide à guérir », développe pour la défense M e Kamélia El Ghaoui, plaidant pour un sursis total.
Jugement : six mois avec un sursis mise à l’épreuve obligeant à des soins.
C’est aussi la police municipale qui a interpellé dimanche le troisième prévenu, âgé de 34 ans, déjà huit fois condamné pour des infractions routières, et qui roulait alors que son permis est
annulé. « Ma femme a laissé l’auto sur la place du Rattachement, parce qu’elle fumait. Je l’ai juste ramenée chez moi pour qu’elle ne soit pas dégradée par des délinquants sur cette place
», raconte le prévenu au président Kato.
« On pourrait faire un catalogue de toutes les mauvaises raisons pour prendre la voiture alors qu’on n’a pas le droit. Il a déjà été condamné à trois mois ferme sans mandat de dépôt »,
relève pour le parquet Mathilde Pimmel qui réclame deux mois ferme avec mandat de dépôt.
« Aller en prison pour 500 m, c’est dur. Aménagez-lui la peine en semi-liberté », plaide M e Kamélia El Ghaoui.
Jugement : deux mois de prison ferme avec mandat de dépôt. Les trois précédents seront certainement exécutés dans la foulée.