
ça, c'est fait. L'engagement de mandat n° 76 de l'équipe Dionis, à savoir la mise en place d'un système de caméras de vidéo surveillance, appelé «vidéo protection» par les élus de la majorité, a été tenu. Hier, 12 caméras étaient déjà en service.D'ici la fin de la semaine, elles seront 16 à fonctionner et la totalité des 19 autorisées par la commission départementale le sera finalement la semaine prochaine.Agen sera officiellement sous surveillance vidéo à compter de mardi matin 2 juin.A cette date, les 6 télé opérateurs, recrutés pour scruter les 12 écrans plats du mur d'images directement relié aux caméras, auront été formés par la société Cégélec.C'est elle en effet qui a remporté ce marché de 431000 € (matériel, installation et maintenance pendant 4 ans compris), après avoir déjà équipé Perpignan ou Toulouse et avant de prendre en charge Pont-du-Casse. Une somme à la charge de la ville d'Agen qui a tout de même obtenu une subvention à hauteur de 230000 € de la part du ministère de l'Intérieur et à laquelle il faut ajouter le budget de fonctionnement (salaires et charges des agents municipaux, soit environ 180000€).
«Ces 6 effectifs viennent en plus des 20 agents de police municipaux et des 6 agents de stationnements», précise André Gounou.
De leurs pupitres de commande, équipés d'un ordinateur et de joystick pour déplacer les caméras et activer les zooms, les télé opérateurs ne pourront pas verbaliser à distance. «En revanche ils pourront alerter les services et envoyer des patrouilles en cas de besoin.Si un 2 roues fait un gymkhana sur le boulevard, la patrouille la plus proche pourra être envoyée pour interpellation».
André Gounou sait bien l'image de Big Brother qui colle à la vidéo surveillance, même rebaptisée protection, image renforcée par la salle de contrôle du rutilant centre de supervision urbain. Mais pour lui, comme pour le chef de la municipale, Bertrand Hébert, la vidéo va servir à lutter contre la délinquance mais pas que: «On verra sur nos écrans les accidents, même les malaises sur la voie publique.On est alors en position d'alerter plus vite les secours, les pompiers, la police nationale. Il peut s'agir aussi d'envoyer la voirie pour nettoyer».
Et André Gounou, qui goûte avec gourmandise la «précision diabolique» des caméras reliées au central par fibre optique, de prévenir déjà que la chasse aux taggers est ouverte! «On veut rendre une certaine quiétude à cette ville, que les habitants s'y sentent en sécurité». «Même si», consent l'élu, «pour certains l'insécurité relevait plus d'un sentiment que d'une réalité».
Sites. 19 caméras seront opérationnelles mardi matin : péristyle du Gravier, Jasmin, place Wilson, quatre boul's, place de la cathédrale, place du Pin, gare, jardin Jayan, boulevard Edouard-Lacour au niveau du César Palace.Les caméras, pivotantes à 360° sont équipées de programmes automatiques, pilotables également manuellement et dotées de zoom puissant qui permet de lire facilement, depuis les quatre bouls, la plaque d'immatriculation d'une voiture garée devant la gare.
Equipes de nuit. Les 6 téléopérateurs de la ville seront en poste 24 heures sur 24 du jeudi soir au dimanche matin. Les lundis, mardiset mercredis, ils ne vidéoprotégerontAgen «que» la journée. Du dimanche matin au jeudi matin, la surveillance de nuit sera assurée par la police nationale à qui les images seront transférées sur un pupitre de contrôle à l'hôtel de police.
Exploitation. Les images filmées sont enregistrées et stockées informatiquement pendant 240 heures soit 10 jours, délai au-delà duquel elles sont effacées.Pendant ce délai, sur réquisition du procureur de la République, les images peuvent être saisies et servir ensuite de piècès à conviction pour retrouver les auteurs de délits ou de crimes. «La police nationale pourra prendre les commandes du système depuis le commissariat pour une surveillance en directen cas de besoin», précise le chef de la police municipale Bertrand Hébert.
Droit à l'image. Des pannonceaux sont en cours d'installation dans les zones sous surveillance, la ville étant dans l'obligation d'informer ses concitoyens qu'ils sont filmés. Et tout un chacun a droit d'accès à son image : il faut alors écrire au chef de la police municipale, joindre une photo d'identité, préciser le jour et l'heure où l'on pense avoir été filmé. «On pourra donner les images sur lesquelles figurent les personnes qui le demandent, à condition qu'elles soient seules dessus»...
Flou. Toutes les caméras ont été paramétrées pour flouter les facades, fenêtres ou lieux privés qu'elles rencontrent en balayant leur champ de vision. L'autorisation de filmer n'est en effet valable que pour la voie publique.
Installation. Comme pour l'éclairage public, les caméras sont installés sur les bâtimenst avec l'accord du propriétaire: «Nous n'avons essuyé aucun refus», se félicitait hier André Gounou, adjoint au maire chargé de la sécurité.
Effectifs. Six agents municipaux, dits téléopérateurs, sont formés et spécialement affectés à la vidéosurveillance d'Agen. Deux sont issus des rangs des agents de stationnements de la ville, un vient des espaces verts, deux autres étaient auxillaires de la police nationale.Le dernier a été recruté spécialement.
Source : Sud Ouest