La Méditerranée a la réputation d'être une mer capricieuse. Une belle traîtresse en vérité comme elle vient de le prouver une nouvelle fois en engloutissant, sur les côtes porquerollaises et à quelques heures d'intervalle seulement, deux vedettes... heureusement sans faire de victime.
Le premier naufrage est survenu dans la nuit de vendredi à samedi. Jusque-là plutôt calme, le plan d'eau hyérois s'est soudainement agité, prenant par surprise les occupants d'un in-bord de 12 mètres mouillé devant le phare de la Jaune Garde, à l'ouest du grand Langoustier.
Périlleux sauvetage nocturne
À 23 h 30, alertée par le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en Méditerranée (CrossMed), la vedette hyéroise de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) file sur zone pour porter secours aux naufragés.
La mer, formée, déferle par vagues sur la coque du bateau drossé sur les récifs. La manoeuvre de désenchouement s'avère impossible et l'équipage de la SNSM choisit dès lors de secourir les sept passagers dont trois enfants. Un sauvetage acrobatique, périlleux mais efficace : à 2 h 30 du matin, les sauveteurs bénévoles ramènent les naufragés au port d'Hyères. Sains et saufs, hormis l'un d'eux qui, victime d'un malaise cardiaque, sera transporté à l'hôpital pour observation avant de pouvoir regagner son domicile.
Crique fermée
En début de matinée, la Préfecture maritime dépêche sur place la vedette PM 7 de la police municipale d'Hyères, avec à son bord, le chef de service, Fabrice Werber et Christian Vitelli, chef du service municipal de sécurité ; ainsi que le bâtiment Ailette de surveillance et d'assistance. Leur mission : évaluer les risques éventuels de pollution. À leur arrivée, RAS. Deux autres bateaux interviennent dans la foulée : le remorqueur lavandourain Laisse-Dire, mais aussi celui de la marine nationale, l'Abeille Flandre, avec à son bord, un groupe de plongeurs démineurs.
Le premier se charge de remorquer la vedette naufragée sur la plage de l'ancien port du Langoustier. L'équipage du second, épaulé par les policiers municipaux hyérois, sécurise la zone en interdisant la crique aux baigneurs et aux embarcations au mouillage. Mais aussi, en installant un barrage flottant. Affaire terminée ? Pas tout à fait.
Panne de moteur fatale
Aux alentours de 14 h, alors qu'ils amorcent leur retour sur le continent, les policiers municipaux aperçoivent une fusée de détresse derrière le Langoustier, face sud-ouest de l'île. Sur place, une vedette de 6,50 m, moteur en panne, avec cinq jeunes passagers à bord, est secouée et submergée par des paquets d'eau de 4/5 mètres qui inondent l'habitable. Les quatre estivants parisiens et leur compagnon aixois se jettent à l'eau. À peine montés à bord de la PM7, ils voient leur bateau de location englouti par les flots.
Après un bref transit à Porquerolles où ils sont examinés par les sapeurs-pompiers, les malheureux regagnent le continent par la navette régulière. Dans le même temps, leur embarcation est remorquée aux côtés de la première. Toutes deux devraient être rapatriées sur la terre ferme dans les 24 heures et leur cimetière provisoire réouvert à la baignade et au mouillage dès aujourd'hui.