En 2005, le quartier de la Libération se mobilisait pour obtenir la création d'un commissariat de police à la gare du Sud, dans le cadre du projet de nouvelle mairie voulu par Jacques Peyrat. Une pétition avait recueilli plus de 6 000 signatures.
Quatre ans plus tard, les riverains ont gagné, ou presque : ils n'auront pas la police nationale mais municipale. En force, puisque c'est tout l'état-major qui sera transféré ici (1). C'est en présentant, vendredi dernier, les « bons chiffres » de la lutte contre la délinquance à Nice, que Christian Estrosi a évoqué ce « nouvel hôtel de police municipale ».
Hôtel, c'est bien le mot, à admirer l'architecture Belle Epoque de la bâtisse formant un hémicycle au 5-7 de la place De-Gaulle, à l'angle de l'avenue Borriglione. Même si le bâtiment a été prolongé sur le côté par un édifice de verre très contemporain, nous voilà aux antipodes du siège actuel de la police, rue Gabriel-Fauré, à l'arrière du Méridien.
Au coeur de la télésurveillance
La police ne sera plus « cachée » mais bien visible, au coeur d'un quartier en plein essor avec le projet phare de grand marché couvert sous la halle de la gare du Sud.
La police municipale niçoise aura désormais pignon sur rue et un logement de standing à la hauteur de ses effectifs qui en font la première de l'Hexagone (2). Mais ce déménagement programmé pour fin 2009 ou début 2010 a d'autres motifs plus sérieux.
Le nouveau quartier général de la « PM » a l'ambition de devenir le « centre de supervision urbain » le plus moderne de France. Outre l'état-major, il regroupera l'ensemble des écrans sur lesquels défilent en continu les images des caméras de télésurveillance. Le nombre de celles-ci devrait bondir de 220 actuellement à 550 en juin prochain. Des logiciels permettront de suivre en direct les déplacements des véhicules de police.
Comment est perçue cette arrivée en force dans le quartier de la Libération ? « Nous y sommes très favorables, mais il faudrait que la police soit présente jour et nuit pour une efficacité totale », souligne Sylvian Jouglass (comité de quartier Coeur de Nice). Pour Pierre Lahitette (Borriglione), la place de la Libération constitue un emplacement stratégique pour un tel staff étant donné sa position géographique, même si le secteur n'est pas le plus touché par la délinquance.
(1) A noter qu'une unité opérationnelle de la police municipale restera en fonction rue Gabriel-Fauré, une fois le transfert réalisé.
(2) 300 policiers et 160 agents de surveillance de la voie publique. Une cinquantaine d'embauches supplémentaires sont prévues dès cette année, et cinquante autres les deux années suivantes.
Source : Nice Matin