Jeudi 8 octobre 2009
4
08
/10
/2009
09:08
Ils ont démarré le 7 septembre à la Cousinerie. Vêtus de leur uniforme « police municipale », non armés, ils sont deux ou trois à patrouiller le quartier, à pied ou en VTT, du chemin
des Crieurs au parc urbain en passant par les Marchenelles. Une zone conséquente.
« On s'est portés volontaires. C'est un travail différent : beaucoup plus préventif, plus proche de la population. » Les îlotiers ont certes toujours la possibilité de verbaliser et de
sanctionner. Mais la priorité est autre : « Il faut d'abord se faire connaître. Après, les gens viennent plus facilement vers nous. On connaît tous les petits problèmes. On règle la
circulation à la sortie des écoles, le stationnement, les conflits de voisinage. »
« Leur présence ne peut pas être négative »
« Je me suis fait braquer début juillet. Alors la présence des îlotiers, ça ne peut pas être négatif, réagit Hervé, du bar-restaurant le Damier des Cousins. C'est rassurant pour moi, même si
je préférerais qu'ils soient là aux ouvertures et fermetures de mon commerce. » Tout le monde n'est cependant pas convaincu de l'efficacité des îlotiers. À l'instar de ce commerçant de la
Cousinerie : « C'est un problème qui est difficilement réalisable, à cause du manque d'effectifs. Et ça, ça dépend du préfet, pas du maire. De toute façon, pour ne pas créer de désordre
public, les îlotiers n'interviendront pas sur les petits trafics des jeunes du quartier. Quant aux braquages, ils ne pourront pas les éviter : on ne peut pas mettre un policier à chaque porte de
commerce ! » Pourtant, à entendre l'équipe du secteur Pont-de-Bois-Hôtel-de-Ville, le travail effectué depuis 2006 - date de leur arrivée dans le quartier - commence à porter ses fruits.
« On parvient à résoudre des problèmes en amont, en travaillant sur le relationnel et en participant à pas mal de réunions avec d'autres acteurs du quartier. En somme, on est une vraie
police de proximité. » C'est Christophe qui parle, le plus ancien de l'équipe, arrivé dès 2006. En trois ans, l'homme affirme avoir le sentiment de servir à quelque chose : « C'est un
travail sur le long terme, tactique et subtil. Mais on voit déjà des progrès en termes de respect et de civisme. Les gens nous connaissent, font plus attention. C'est moins anarchique. »
Celui qui assure connaître le quartier « sur le bout des ongles » n'est pas près de quitter ses fonctions.
D'autant que, comme l'affirme un de ses collègues, celles-ci pourraient s'amplifier « si l'État continue à se décentraliser et à se décharger autant ».
« On ne s'improvise pas îlotier. Il faut avoir le profil »
Hervé Harduin est le directeur de la sécurité urbaine. Il supervise les dix-sept policiers municipaux de la ville. Et les îlotiers, il les choisit parmi les volontaires : six remplissent
aujourd'hui ce rôle, qui pourrait s'amplifier à l'avenir. Comment devient-on îlotier ? >> On ne s'improvise pas îlotier. On le devient si l'on est volontaire pour cette
mission : il faut avoir le profil. Quel profil faut-il avoir ? >> C'est une technique particulière de gestion d'un territoire et de sa population. Les îlotiers doivent
avoir une certaine autonomie, du bon sens, et bien saisir la réalité des choses. Leur rôle est d'être en contact avec les gens, de dissuader par leur présence ceux qui ont envie de faire des
bêtises, et de rassurer la population. Comment est née l'idée de mettre en place des équipes d'îlotiers ? >> La première équipe est née en 2006 : à cette époque, le
Pont-de-Bois était quasiment une zone de non-droit. La demande est venue de la population, et le maire (Jean-Michel Stievenard, ndlr) nous a demandé ce qu'on envisageait. On a étendu la zone de
compétence à l'Hôtel de Ville en juillet dernier. Et à la Cousinerie il y a deux semaines... >> Oui. C'est le choix des élus et de l'expérience que nous retirons des cellules de
veille, ces réunions entre différents partenaires d'un secteur. La police municipale intervenait souvent dans ce secteur, notamment en période estivale au parc urbain. Quelles sont vos relations
avec la police nationale ? >> Nous avons de bons échanges avec eux. Depuis 2002, la police nationale s'est recentrée sur les fondamentaux : interpellations, recherche
d'auteurs de délits, etc. La nature ayant horreur du vide, il a fallu répondre aux sollicitations des gens. La police municipale n'est jamais qu'un outil qui doit être le mieux adapté à ce qu'on
lui demande.
Source : Nord Eclair