Lundi 23 novembre 2009
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Le malaise mijotait à petit feu depuis des mois. La colère et un climat délétère grandissaient au sein de cette entité bien particulière qu'est la police municipale. Et mercredi dernier,
l'intersyndicale a lancé l'offensive. Une attaque cinglante qui a déstabilisé au plus haut niveau de l'hôtel de Ville. "Franchement, on a été surpris, on savait qu'il y avait des
revendications mais on ne pensait pas qu'ils iraient si loin, que cela prendrait une telle ampleur", confiait hier Yves Galatto, l'adjoint à la Sécurité et à la Prévention de la
délinquance.
En l'espèce, c'est un préavis de grève illimitée à partir du 30 novembre que les syndicats ont annoncé lors d'une réunion qui n'a (soigneusement) pas été ébruitée. Lundi 30 novembre, une date
savamment choisie puisqu'elle marquera le début de la foire Saint-André qui voit chaque année débarquer, et ce pour deux jours, des centaines de forains sur le cours Jean-Jaurès et le tour des
remparts. "En général pour cette foire, tous les effectifs de la police municipale sont réquisitionnés jour et nuit notamment pour éviter que les forains s'installent n'importe où",
explique un agent de la municipale.
Autant dire qu'avec cette menace de grève, la mairie est tenue en respect, mise au pied du mur par ses propres "flics". Lors de cette réunion qui a vu s'affronter six responsables syndicaux d'un
côté, et Marie-Françoise Rozenblit, 1ère adjointe au maire, et Yves Gallato de l'autre, il a été joué cartes sur table. "Un manque de considération" Les policiers ont d'abord réclamé la
nomination d'un directeur à la suite de la soudaine demande de mutation de l'ex-patron, Henri Pardini, qui a bifurqué au printemps vers la délégation du commerce de Florence Verra. "On a
vraiment besoin d'un patron!" estime l'une de nos sources à la police municipale. Les syndicats ont aussi demandé l'embauche de personnels afin de retrouver le même nombre d'agents qu'il y a
deux ans, repasser de 97 à 105 policiers.
Dans la liste des doléances, apparaissait aussi un problème usant de parking à la PM à St-Lazare. "C'est infernal au moment des relèves qui se font vers 13 heures" assure un policier.
"On est contraint d'attendre le départ des collègues qui ont bossé le matin pour se garer. Du coup, on parvient à être en tenue seulement à 13h15, avec un quart d'heure de retard". Une
requête a été également exprimée concernant leurs véhicules de fonction (des Renault Kangoo) qui ne sont "pas fonctionnels" selon eux. Et enfin, le gros morceau.
Une demande de hausse de salaire sous la forme d'une indemnité administrative et technique. "Dans certains villages, ils touchent jusqu'à 300€ de plus grâce à cette prime. La nôtre s'élève à
15€!" lâche un "flic" dépité. Le tout conclu par un chapitre sur le "manque de considération" de la part de leur hiérarchie. Tout a été dit. Et les élus ont répondu. Reste désormais
à agir. "Si l'on n'obtient pas ce que l'on veut, on ne répondra plus qu'aux appels d'urgence et on ne dressera plus de PV" peste un syndicaliste. Visiblement,les policiers municipaux
savent appuyer là où ça fait mal....
Source : La Provence