Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /2009 08:56
Les opérateurs du Centre d'information et de commandement du commissariat de Bourges répondent aux appels - pas toujours - d'urgence. Ils renseignent aussi leurs collègues policiers sur le terrain.

Au Centre d'information et de commandement (Cic) du commissariat de Bourges, on peut changer une Ford Fista en Mercedes. Pour s'assurer qu'une Merco conduite par un Berruyer n'est pas volée, les policiers contactent, par radio, le Cic et donnent la plaque d'immatriculation du véhicule. « Pour nous, c'est une Ford Fiesta verte », assure l'opérateur, qui a rentré le numéro dans le Fichier national des automobiles.

Appelé « la radio » dans le jargon policier, le Cic est le lieu où arrivent tous les appels 17 (Police secours). C'est aussi ici que, devant leurs trois écrans et deux claviers d'ordinateur, les deux opérateurs consultent, pour leurs collègues sur le terrain, de nombreux fichiers informatiques.

Après la plaque de la voiture, le nom du conducteur de la Ford Mercedes Fiesta est passé au fichier des personnes recherchées. Il n'y figure pas. « Celui-là, on le passe souvent aux fichiers, lâche l'un des deux opérateurs*. Il doit être toujours dans les bons coins. » Le Berruyer est quand même amené au commissariat. Bonne pioche : outre sa fausse plaque, la Mercedes est volée. « Ça, c'est bien », se réjouit l'opérateur.

Les journées des deux policiers (7 heures - 19 heures durant deux jours suivis de deux jours de repos), deux grands quinquagénaires aux cheveux poivre et sel, sont rythmées par les appels téléphoniques et radiophoniques. L'après-midi de notre reportage, le 17 est peu composé. Le gros du travail est fourni par la radio qui crache des noms de personnes ou des plaques d'immatriculation pas toujours compréhensibles. Afin de limiter les erreurs, les policiers en patrouille utilisent l'alphabet militaire pour épeler les noms. Norbert donne ainsi un étonnant « November, Oscar, Roméo, Bravo, Écho, Roméo, Tango ».

« Les appels 17, c'est vraiment aléatoire, explique Laurent Picout, adjoint au chef du Cic. On peut ne rien avoir pendant deux heures, puis ne pas arrêter lors d'un pic, à la sortie des écoles ou du travail par exemple. »

Cet après-midi-là, une Dolchardienne s'aperçoit que sa maison a été cambriolée. Une des quatre patrouilles qui tournent dans Bourges et sa banlieue y est envoyée ? celle qui apparaît, sur un écran de géolocalisation, la plus proche du domicile visité.

Puis une Berruyère appelle parce qu'elle entend son mari et un agent immobilier se disputer violemment dans une cave. « Vous ne pouvez pas descendre pour voir ce qu'il se passe ?, interroge l'opérateur. Je ne comprends pas bien, mais je vous envoie une patrouille. » À l'arrivée de TV 110 Charly ? le nom de code de la voiture dépêchée sur place ?, la querelle est terminée et l'agent immobilier, parti. « Quand on a un doute, il vaut mieux envoyer quelqu'un », avance l'opérateur.

Entre deux appels ou deux noms rentrés dans les fichiers, les deux policiers du Cic jettent un 'il aux images des caméras de vidéosurveillance de la ville. Contrôlées par la police municipale, elles arrivent aussi, depuis avril dernier, au commissariat de Bourges (police nationale) sur un écran plat. Mais les crachotements de la radio ramènent les deux opérateurs vers leurs claviers. Une patrouille transmet le numéro de cadre d'un cyclomoteur, toujours pour savoir si le deux-roues n'est pas volé. « R.A.S. », informe l'un des deux opérateurs. « Bien reçu », répond le policier sur le terrain, la voix soudain blasée.

Source : Le Berry

Publié dans : Revue de Presse - Recommander
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