
Le brigadier-chef Patrick Albert joue à l'opticien devant des patientes à quatre roues. Sur la contre-allée de l'avenue Victor-Hugo, devant le stade d'athlétisme, il ausculte les phares. « Mettez en codes », ordonne-t-il au jeune conducteur d'une Volkswagen Passat noire bien lustrée... « Très bien. Pleins phares, s'il vous plaît... » La berline lance un profond regard jaune. Dans les mains du policier municipal, un règle-phare mesure l'intensité, la hauteur et la direction des signaux lumineux du véhicule.
Risque d'éblouissement
Ce contrôle de routine, crucial pour la sécurité, est proposé gratuitement, jusqu'au 23 octobre, aux conducteurs cognaçais, dans le cadre de l'opération nationale « Lumière et vision », lancée il y a près de cinquante ans.
« Avoir une bonne hauteur de phares est primordial, explique Philippe Ranvau, délégué bénévole de la Prévention routière, sinon, on risque d'éblouir ou bien de ne rien voir. » La nuit représente moins de 10 % du trafic routier, mais près de 45 % des tués sur les routes.
En moins de dix minutes, le stand de diagnostic de l'avenue Victor-Hugo offre un contrôle complet des feux, mais aussi des essuie-glaces, et - petite surprise au dos de la fiche d'évaluation - un test de la vue du conducteur.
Deux ou trois camions de la sécurité routière sillonnent également les villages du département pour réaliser ces contrôles, jusqu'à la fin du mois de novembre.
« À Cognac, l'année dernière, plus de 400 automobilistes s'étaient arrêtés pour le diagnostic, précise Patrick Albert, et une bonne partie a nécessité des réglages. »
Ce lundi matin, sur les dix premiers candidats, un seul avait une voiture défectueuse. Mais la clef de six du brigadier-chef devrait vite être mise à contribution. « Certains phares visent trop vers la gauche ou vers la droite, mais la plupart éclairent trop haut. » Des défauts qui peuvent coûter cher. « 135 euros d'amende pour défaut d'optique », rappelle sèchement le brigadier-chef. L'homme à l'uniforme rassure tout de suite : les candidats qui gareront leur machine devant le règle-phare ne risquent pas de repartir avec une amende. Au contraire, un petit macaron distinctif « Bien voir et être vu » est remis aux propriétaires des automobiles aux optiques irréprochables.
« Nous vérifions aussi la carte grise et l'assurance du véhicule car, dans certains cas, les conducteurs ne les font pas renouveler dans les temps. C'est aussi le cas pour le rendez-vous du contrôle technique. »
La perfection de rigueur
Un phare déréglé de 1 % vers le bas entraîne une efficacité diminuée de 20 fois, soit une perte de visibilité de 30 mètres. La perfection est donc de rigueur pour rouler en sécurité.
« Même les motos ou les fourgons peuvent venir se faire contrôler », assure le policier, qui, lorsque les feux sont grillés ou défectueux, renvoie vers l'atelier d'un garagiste.
Et il n'y a pas que les vieux tacots qui peuvent loucher des mirettes. « Avec les trépidations de la route, il en faut peu pour dérégler les optiques d'un véhicule neuf », précise Patrick Albert. Il conseille de suivre ce rendez-vous de contrôle une fois par an. Comme chez l'opticien.
Source : Sud Ouest