Jeudi 26 novembre 2009
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« Mais je ne suis pas le shérif de Saint-Martin ! » tempête Annie Bénézech, l'élue des Prés-d'Arènes, campée derrière son bureau et prête à dégainer ses arguments face à une assistance - un
groupe d'habitants versant 3 e âge - remontée à bloc.
Depuis quelque temps, le climat de Saint-Martin tourne à l'orage : des voitures y partent en fumée à l'abri de la nuit - notamment celle du curé et celle de son aide-soignante -, tandis que les
dégradations et autres incivilités y fleurissent comme un champ au printemps et que les noms d'oiseaux y volent en piqué. De quoi cristalliser bien des rancoeurs : « On n'ose plus sortir le
soir », « on se fait agresser devant l'ascenseur », « on veut dormir la nuit », mêlant aussi saleté, stationnement ou police
municipale qui n'assure pas la sortie des écoles.
De quoi nourrir aussi des rumeurs stériles : « Après les voitures, ce sera le tour de l'église, pour faire leur mosquée », « il paraît que certains veulent organiser des rondes la nuit...
» Pendant ce temps, les âmes vaillantes et piliers du quartier, eux, multiplient les rencontres - une réunion avait lieu hier soir - et veulent souffler l'apaisement « plutôt que de
jeter de l'huile sur le feu, relate Yan Poccard-Chapuis, le président de l'association l'Îlot parents. L'idée étant plutôt d'éviter la répression. Et ce qui est positif, c'est que,
dimanche matin, sur le marché, tout le monde s'est retrouvé spontanément et pour la première fois ensemble. » Soit les représentants du comité de quartier de Saint-Martin bien sûr, mais
aussi de Tournezy et des Aiguerelles-La Rauze, les bénévoles associatifs et les responsables de la paroisse et de la mosquée-salle de prières.
« Il y a une vraie carence de policiers dans le quartier - et dans toute la ville d'ailleurs. On ne peut pas se substituer à la police nationale, poursuit Annie Bénézech, alors qu'il
faudrait une présence régulière, revenir au principe de l'îlotage. Mais ce n'est pas de notre ressort, pas plus que l'absence d'entretien ou de travaux dans les copropriétés privées ! En
revanche, on peut essayer de faire un vrai travail sur le fond, de jouer la carte de la prévention. » En allant vers les jeunes, « pour leur parler, ce ne sont pas des bêtes à part »,
dit encore l'élue, mais en interpellant aussi les parents et les familles. Un vaste chantier, comme toute prévention, mais qui mériterait d'être bouclé, soigné et pas bâclé.
Source : Midi Libre