Jeudi 12 novembre 2009
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« La place est beaucoup plus tranquille » assurent les commerçants. La police y travaille en effet.
Un homme menaçant courant après un autre, un couteau à la main, en pleine journée, en juillet dernier.
Un autre essuyant un méchant coup de tesson de bouteille sur la tête au pied de l'arrêt de tram à 23 h 30, devant témoins, il y a une semaine...
Autour d'un café, au comptoir de l'Europe, ce jeudi matin, un bistrotier, qui a pas mal de bouteille, et le petit dernier arrivé sur la place devisent sur la sécurité... et l'insécurité,
surtout.
Leur lieu de travail, la place du Commerce, traîne toujours une sale réputation, ils le savent. Et le regrettent, croyez-le. D'autant qu'il y a « vraiment du mieux ces
temps-ci », selon eux. Ces images de violence sont « de plus en plus rares », assurent-ils, de conserve. « Je suis d'accord ! », confirme le
collègue fleuriste d'en face. « Franchement, il n'y a plus de souci ici. On est tranquille maintenant. Pas vrai les filles ? » Hochements de têtes synchronisés au milieu
des jolis bouquets orangés.
La question de « l'image »
En juin dernier pourtant,ils étaient remontés. Tous envoyaient alors à la mairie une nouvelle pétition énumérant « les nuisances rencontrées au quotidien » (un premier
courrier, sur le même thème, avait déjà été posté à la Ville). Des tas d'incidents inventoriés. Des mois de colère accumulés. Ils l'ont gardée. L'adjoint à la sécurité de la ville, Gilles
Nicolas, aussi. Les six signataires y dénonçaient notamment, pêle-mêle : « La multiplication des actes de mendicité agressive, le manque de propreté, le squat permanent au
Marché aux fleurs, les insultes aux clients, l'aboiement des chiens, l'alcool, la vente de stupéfiants... » Ce jeudi de novembre, plus de sans-abri devant la vitrine du magasin Foot
Locker. L'adresse, située au pied du bureau de tabac ouvert jusque tard le soir, servait de lieu de rassemblement, habituellement.
Ils ne sont pas plus nombreux au kiosque. Logique. Pour leur barrer l'accès, des grilles permanentes ont été récemment installées par la ville.
« Ils n'étaient pas forcément agressifs envers les gens », se rappelle un patron de bar. « Mais ça ne donnait pas une image très agréable de la place vous
comprenez... »
Policiers à VTT
Et les Roms ? Ils ont comme disparu eux aussi. En cherchant bien, reste une femme, une seule, près du distributeur automatique. Mais pas pour longtemps. Pied à terre, deux
policiers municipaux l'ont à l'oeil. « Avant, c'est nous qui devions les chasser pour qu'ils cessent d'importuner nos clients en terrasse », commente un autre patron de bar
satisfait. « Maintenant, c'est la police qui s'en charge ». Tous ces « habitués » ont disparu désormais. Mais qu'en avez-vous fait, Monsieur
Nicolas ? « Nous ne les chassons pas. Nous les déplaçons », reprend l'adjoint au maire. « Mais les policiers n'ont reçu aucune consigne
particulière », ajoute l'élu. « Il faut travailler à pacifier cet espace public. Et nous tâchons de le faire... » Il est 16 h. En arrière-plan, un
fourgon de la police nationale, moteur coupé, veille aussi.
« On revit... »
Les commerçants apprécient. Sous le Marché aux fleurs, envolée la « boule au ventre » qui vous suivait jusqu'au rideau de fer, en arrivant au travail, le matin.
« On ne savait jamais ce qu'on allait trouver en arrivant. Des seringues, des déjections... », raconte une jeune employée, qui dit pourtant n'avoir jamais eu « de
gros soucis » avec ces voisins sans abri. « Quand même, dit-elle. On revit à présent ».
Au comptoir du café l'Europe, les deux commerçants savourent le spectacle que leur offre la place en cet après-midi ensoleillé. Depuis le balcon de son bel appartement, avec vue sur l'endroit,
Quentin, lui, se pose en observateur attentif. « Elle n'est pas forcément belle cette place. Mais elle vit au moins. Et oui, la nuit parfois, des mecs bourrés font du boucan. Mais nous
sommes dans une grande ville après tout, non ? »
Source : Presse Océan