Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /2009 09:10
Pour avoir fracturé une portière, il s'est retrouvé devant le tribunal pour vol en récidive, une peine plancher en guise d'épée de Damoclès.

Le casse du siècle ! Il est parti se promener, à quatre heures du mat', un tournevis en poche.
Arrivé rue des Joglars, il a eu l'idée géniale de fracturer la portière d'une voiture en stationnement pour voler... Pour voler un paquet de cigarettes oublié sur le tableau de bord.
Le tout sous l'oeil borgne d'une caméra de surveillance.
Dix minutes plus tard, l'opérateur de la police municipale avait prévenu la brigade anticriminalité et l'individu était retrouvé dans le parking du Casino, près du boulevard Mercader.
Hier, il se retrouvait donc devant le tribunal, mis en cause pour vol
avec dégradation en récidive.
Le problème, c'est que son casier judiciaire est aussi épais qu'un annuaire téléphonique.
Il fait état de 17 condamnations, presque toutes pour vol.
D'ailleurs, il n'est sorti de prison qu'au mois d'août.
Le président ne manque pas de lui faire remarquer que, dans ces conditions, il encourt une peine plancher de deux ans. Décidément, fumer coûte de plus en plus cher. "La liberté est trop difficile à vivre, vous avez éprouvé le besoin de retourner en prison ?", interroge le juge, presque surpris malgré son expérience par le côté ubuesque de la situation. "Je n'avais pas assez d'argent, je suis au RMI." "Et comme vous êtes un père responsable, vous avez laissé vos enfants de 10 et 11 ans, seuls à la maison." "Je suis prêt à rembourser la victime." Vous venez de dire que vous n'avez pas d'argent, vous êtes désespérant".
Le procureur est assez remonté :"Il a laissé ses deux enfants seuls à la maison pour aller se promener dans la rue avec un tournevis, ce n'est pas pour aller aux fraises. La victime a perdu un temps considérable à cause de cette affaire et va en perdre encore pour se faire rembourser puisque vous n'êtes pas solvable. Ce qu'il a fait n'est pas bien grave, mais il faut penser aux gens qui subissent !"
Et, s'adressant au président : "Il encourt une peine plancher de deux ans, vous la prononcerez, à moins que, en cherchant, vous trouviez un élément positif pour aménager sa peine."
Par chance pour la défense, cet élément existe, le prévenu doit commencer ce matin un travail de magasinier en CDI.
Et le tribunal le retient, il accorde une ultime chance au récidiviste.
Il prononce six mois de prison avec sursis et 150 heures de travail d'intérêt général.
Le prévenu est presque miraculé, il peut aller fumer une cigarette pour décompresser...

Source : L'indépendant
Publié dans : Revue de Presse - Recommander
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