Donc déjà, a priori, les documents officiels attestent qu'on ne dit plus « vidéo-surveillance » mais « vidéo-protection »... C'est ainsi : depuis 2003 et l'apparition des premières caméras dans les rues toulonnaises, les pouvoirs publics ont tout fait pour que, progressivement, l'objet devienne un mobilier urbain comme les autres.
Lorsqu'installation de nouveau matériel il y a, les mesures ne font même plus débat en conseil municipal. Le vocabulaire s'est policé ; les opposants se sont lassés. Ou, peut-être, se sont-ils laissés convaincre malgré une efficacité de résultat toujours discutée (1).
Prévue pour l'été prochain, l'installation d'un « centre de surveillance urbaine » à Toulon, ou plutôt d'un « centre de supervision urbaine » (CSU), ne fait pas plus de bruit. Les travaux viennent de démarrer dans le bâtiment de la police municipale, place Pasteur. Et il n'y a guère, à Toulon, que la Ligue des droits de l'homme pour s'en offusquer. (2)
Video-surveillance et images de voirie réunies
Késako un CSU ? Un PC où les images des caméras de video-surveillance et celles de voirie (circulation, accès de zone piétonne) seront centralisées. « Les moyens internes de la ville seront mutualisés », explique-t-on en mairie.
Jusqu'à présent, les caméras de voirie sont reliées à l'hôtel de ville. Seules les trente caméras de surveillance - quinze dans le centre et quinze au Mourillon - sont déjà gérées à la police municipale. L'an prochain, il n'y aura donc plus qu'un seul centre névralgique de l'image : le bâtiment de la PM.
Une autre nouveauté interviendra dès la mi-décembre cette fois. La police nationale va être raccordée par fibres optiques (3) à la police municipale. Elle aura alors accès 24h/24 à ladite video-surveillance.
Ce que ça va changer ? Jusqu'alors les images n'étaient pas traitées en direct car il n'y avait pas de personnel, après 20 h, pour regarder l'écran. Et quand la police souhaitait vérifier une information, elle devait passer par la PM, au petit matin, pour le faire.
Désormais, plus besoin d'apporter les croissants aux collègues. Elle pourra intervenir en temps réel après avoir chargé des équipes de « scotcher devant la télé » toute la nuit. L'enregistrement, lui, se fera toujours à la police municipale. Rappelons qu'au-delà de trente jours, la loi oblige à détruire les bandes. Enfin, début 2010, seront également mises en service quatre nouvelles caméras de vidéo-surveillance. Pardon : de « video-protection ».
1. Le Monde.fr, article du 22 août 2009
2. http://www.ldh-toulon.net
3. Conformément à la convention de partenariat quinquennale entre la ville et L'État. À Sanary, un CSU a été inauguré cet été.
Source : Var Matin